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Métaphysique énergétique pour consommer plus éclairé

Et si on parlait un peu philo pour changer ? Entre la dissertation fleuve et le café du commerce, il y a un juste milieu. Celui où l’on trace une ligne qui nous rassemble, nous ÉcoW’acteurs, dans notre engagement.

 

ENFANT

Qu’est-ce que la philo pour des millions de Français?

Une rencontre soudaine avec une discipline étrange, ni science, ni art, ni technique, surgie au lycée, à l’orée de l’âge adulte, pour révéler l’inconcevable : l’existence pose plus de questions qu’elle ne fournit de réponses. Précipités dans le noir, ou au contraire touchés par la (ou les) Lumière(s), nombre de lycéens sont tombés et tombent encore en amour devant la puissance de cette sagesse si profondément humaine, qui va leur servir chaque jour de leur vie.

 


Un moyen de réfléchir

Parce que la philo sert, quoi qu’on en dise : au savoir, au bonheur, à la vérité, aux idées, à raisonner, se consoler, se libérer… Et toujours s’interroger pour ne pas rester à la surface des choses. Parce que dans ce que l’on vit, tout a prise avec la philosophie… Même les usages de l’energie et ses économies !
Et ça remonte à bien plus loin qu’André-Marie Ampère, l’autodidacte inventeur de l’électrodynamique, à qui l’ont doit les mots clés de l’électricité, et pour qui la métaphysique, « seule science vraiment importante » à ses yeux, fut le fil conducteur d’une exploration totale des connaissances humaines.

 


Fournisseurs de sagesseARISTOTE

Il y a longtemps, bien avant que l’électricité, ses kwh, ses offres, ses tarifs et ses factures n’existent, bien avant que leur possibilité soit même envisagée, on parlait déjà de la nécessité de raisonner les usages. Platon a fait de la tempérance la troisième de ses quatre vertus cardinales, et à sa suite Aristote a écrit deux chapitres sur la modération dans son Éthique à Nicomaque, souvent présenté comme l’ouvrage le plus influent de la philosophie morale.
Bien sûr, la tempérance pensée à l’Antiquité concernait les passions et les plaisirs, plus que la consommation. Mais il était déjà bien question de ce « juste milieu » qui définit la vertu et guide les gestes de la personne économe.

Sammy Lalanne, professeur de philosophie au lycée Denis Diderot à Marseille (labellisé Lycée des métiers de l’éco-habitat et du design d’espace) développe :

« La tempérance, qui est une des plus grandes vertus morales, est cette capacité d’être dans la juste mesure. Entre la prodigalité et l’avarice, il y a le tempérant, entre le téméraire et le lâche, il y a le courageux qui sait dépasser sa peur de manquer » 

Interrogé pour savoir quels sujets de philo ÉcoWatt pourrait bien inspirer ou nourrir, il répond comme tout bon philosophe… Par des questions. Sommes-nous responsables de nos besoins ? Toute liberté doit-elle rêver d’autonomie ?

 

Agir ni trop tôt, ni trop tard

planeteOn pense aussi à des sujets annuels du Bac, par exemple en 2018 (Qu’est ce qui peut faire obstacle à notre bonheur), ou 2017 (Tout ce que j’ai le droit de faire est-il juste ?), ou 2016 (Le désir est-il par nature illimité ?). Après avoir recommandé la lecture d’Hans Jonas (« Le Principe responsabilité », un des livres, sinon le livre fondateur du concept de développement durable), Sammy Lalanne offre une autre direction de réflexion. « L’électricité est impalpable pour beaucoup d’entre nous, ce qui nous donne l’impression qu’elle n’est pas sous le même régime que les ressources naturelles. Elle ne serait que le produit de notre bon vouloir et de notre capacité à la produire. Il suffirait, au fond, « d’envoyer les watts » pour la maison, le chauffage, nos appareils…. Or, l’électricité est une ressource naturelle. Et le sera de plus en plus avec l’essor des énergies renouvelables, qui nous appellent à porter attention aux cycles de la nature, à une météo de l’énergie… Cela renvoie à un autre concept important, le kaïros : agir de la bonne manière, au bon moment ». Revoici Aristote et le juste milieu… Entre le trop tôt et le trop tard, il y une médiété dans l’ordre du temps : c’est le kaïros. 

 

L’origine des éco-gestes ne serait-elle pas là ? Où n’est-ce finalement qu’une question de responsabilité ? Vous avez quatre heures !

 

Sammy Lalanne fait partie des Philosophes publics, collectif qui se donne pour principe d’intervenir dans tous les lieux où le débat peut exister (centres sociaux, cafés, rues, prisons, lieux artistiques…). : « Face aux passions tristes du ressentiment, de la peur et de la haine, nous voudrions contribuer à toutes les expériences qui donnent une autre image du monde commun ». Pour en savoir plus, rendez vous sur leur page Facebook.